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janvier 12, 2022 Fabienne Revillard

Quel rôle a le Président sur l’efficacité du Conseil d’Administration ?

L’efficacité du Conseil d’Administration : quel rôle a le président ?

Le président du conseil (PCA) a un rôle fondamental, notamment dans l’efficience du conseil d’administration (CA). Si sa fonction de président ne lui confère habituellement pas une autorité particulière, il peut avoir un fort impact sur le recrutement des administrateurs.

On a vu à quel point le choix de bons administrateurs est crucial cf « Comment rendre son conseil d’administration plus efficace ? ». Le PCA influence l’efficacité de chacun et la performance de l’ensemble.

Quels sont les points opérationnels dont le PCA doit tenir compte, afin d’être en mesure d’avoir un impact fort ?

Le premier point à souligner réside dans le fait que l’animation du CA incombe au Président, non au Directeur Général. Dans les petites entreprises où les fonctions sont souvent cumulées, il faut donc que le DG laisse du temps au Président.

Le deuxième point concerne l’identification, en début d’année, des sujets stratégiques que le CA va traiter en profondeur. Ces sujets stratégiques relèvent principalement de la gestion des risques, budget, stratégie, politique RH et de rémunération… Le PCA veille à ce qu’un planning de travail incluant chaque sujet identifié soit établi.

Pour une efficience optimisée, il facilite la définition de 5 à 6 enjeux fondamentaux en lien avec les sujets stratégiques. Il incite les dirigeants et managers des diverses spécialisations à travailler avec les administrateurs référents. Cette intelligence collective permet d’optimiser la préparation des Conseils traitant des sujets.

Cela favorise ainsi l’implication des administrateurs dans le développement de l’entreprise avec une gouvernance qui vit entre les séances du Conseil.

Les administrateurs et le dirigeant peuvent alors développer un véritable dialogue collaboratif et constructif.

On évite ainsi le risque que les administrateurs découvrent les sujets fondamentaux de l’entreprise pendant les séances du Conseil. En effet, lorsque c’est le cas, ils se retrouvent dans l’impossibilité de contribuer de manière efficace et prendre les décisions pertinentes.

Au niveau de l’efficacité du CA, les études* démontrent d’autres points importants concernant le PCA.

Rôle du Conseil d'Administration

1. Le fait de cumuler plusieurs mandats en tant que PCA.

En effet, en général le 2 ème mandat se révèle statistiquement comme le plus efficient. Le PCA a eu le temps de se familiariser avec les tenants et aboutissants de sa mission lors de sa 1 ère année. Il est pleinement performant lors de la deuxième.

Cependant, dès le 3 ème mandat, le risque de finir par développer des relations de connivence avec le Directeur Général augmente. Ce qui est susceptible de défavoriser le contrôle de la gestion et de la stratégie suivie par le groupe.

2. L’indépendance du PCA

La séparation des fonctions de contrôle et de gestion vise à renforcer le pouvoir de surveillance et de sanction que détient le PCA et le CA sur la gestion du comité exécutif.

Selon certaines définitions, le PCA est indépendant s’il n’exerce pas de fonctions managériales dans l’entreprise. À cela se rajoute qu’il n’entretienne « aucune relation de quelque nature que ce soit avec la société, son groupe ou sa direction, qui puisse compromettre l’exercice de sa liberté de jugement ».

De manière générale, cette indépendance est souhaitée justement pour protéger sa liberté de jugement.

Cependant si le PCA ne court aucun « risque-entreprise », il peut être moins motivé à mobiliser et motiver les administrateurs. En effet, chercher et internaliser au CA les détenteurs des sources d’incertitude dont dépendent la profitabilité de l’entreprise est crucial.

Dans ce cas, le résultat est contre-intuitif. En effet, les études démontrent que l’efficacité du CA est non pas positivement, mais négativement influencée par l’indépendance du PCA.

De plus, si le PCA n’entretient aucune relation de quelque nature que ce soit avec la direction générale et la société, cela diminue grandement sa capacité à recenser à temps les problèmes et défis de l’entreprise devant être portés à l’attention du CA.

Lorsque le PCA prend connaissance de ces faits séance tenante, il peut se sentir incapable de conduire efficacement les débats. À l’inverse, lorsque le PCA devient actionnaire de l’entreprise, la probabilité que le CA devienne efficace se multiple par quatorze environ*.

CQFD : Les études démontrent par conséquent que le CA est plus efficace dans l’accomplissement de ses missions lorsque le PCA est en même temps actionnaire dans l’entreprise.

3. Le fait d’être multi-mandaté

Rôle du Conseil d'Administration

Lorsque le PCA est multi-mandaté il a accès a plus d’informations et de connaissances importantes pour l’entreprise.

Il peut s’agir d’informations sur les pratiques sectorielles, les stratégies suivies par d’autres entreprises ainsi que sur les pratiques de bonne gouvernance.

Cela impacte positivement la qualité des délibérations et l’objectivité des travaux.

Le PCA peut par conséquent plus facilement favoriser les échanges d’opinions et assurer le transfert d’expériences. Il est plus à même de transformer le conseil en un véritable lieu où les débats sont menés avec méthode et professionnalisme.

En conclusion, l’efficacité du CA est donc positivement influencée par le fait que le PCA soit multi-mandaté.

Le PCA et son rôle en tant que président de séance

Conseil d'Administration

Finalement, il est important de distinguer d’une part la nature du pouvoir d’un PCA et d’autre part le rôle attendu en tant que président de séance.

Un président de séance intervient généralement à 4 niveaux :

1. Faire respecter le cadre
C’est important pour la bonne tenue des débats.
(gestion du temps / ponctualité/gestion des sujets à l’ordre du jour / fluidité, etc…)
2. Faciliter
Le PCA veille à ce que chacun s’exprime.
(collégialité/ transparence des prises de position / répartition des temps de parole, etc…)
3. Provoquer
Le PCA se fait l’avocat du diable.
(contradiction constructive / questionnement / débat / expression des doutes, etc…)
4. Catalyser
Le PCA clarifie, recentre le débat et décide.
(synthèse après chaque sujet / validation et vote le cas échéant, etc…)

Il peut être recommandé pour le PCA de faire appel à un coach exécutif pour diverses raisons.

Pourquoi faire appel à un coach exécutif pour Président de Conseil d’Administration ?

Un PCA peut maximiser son potentiel grâce à un coaching individuel de haut niveau.

Un coach professionnel expérimenté va faciliter sa capacité à asseoir sa légitimité et son savoir-être. En effet, la position d’un PCA n’est de loin pas évidente. Il s’agit en même temps d’utiliser ses compétences de dirigeant (du CA) tout en maniant l’art du questionnement avec habileté et patience.

Ces deux postures ne vont souvent pas ensemble. Si la première est souvent bien maîtrisée (diriger), la seconde ne va pas de soi et demande de l’entraînement (position de retrait et maîtrise subtile des questions).

C’est là où un coach expert permet de développer la réthorique, notamment l’habileté à formuler les bonnes questions. Il accompagne aussi à maximiser l’impact de la prise de parole en public.

Bien entendu, le choix du coach est important. Il est souvent encore plus utile de mandater un coach certifié officiant également en tant que formateur sur ces thématiques.

En effet, un coach-formateur peut aider le PCA à optimiser ses compétences en leadership et à adopter une posture confiante, aidante et diplomate.

Il peut favoriser la prise en compte des parties prenantes grâce à des analyses de personnalité. Ces analyses facilitent l’adaptation de la communication du PCA envers chaque personnalité distincte pour une adhésion plus forte. Tout en respectant la déontologie, le coach peut ainsi aiguiser l’art de convaincre et la capacité d’influence.

Il est aussi là pour tirer la sonnette d’alarme en cas de risque de burn-out et permettre une prise de recul saine.

Inviter le coach au CA en tant qu’observateur, afin de développer le potentiel du PCA plus finement est également fortement recommandé.

Finalement un coach de dirigeants rompu à cet exercice peut fortement seconder le PCA dans son rôle de président de séance.

Les bénéfices du coaching pour Président de Conseil d’Administration

Présent lors des séances du CA, un coach d’affaires spécialisé en systémique p. ex., permet notamment de réduire les tensions et de prévenir les conflits.

En tant que facilitateur, il soutient le PCA dans la gestion du temps de la séance.

Il aide également le PCA à veiller à ce que tous les points de l’ordre du jour soient abordés dans le temps imparti.

Que ce soit en amont, en coaching d’équipe ou lors des séances, Un master coach orienté solution permet de prioriser les points essentiels à aborder avec le Codir.

Il veille à ce que tous les administrateurs expriment leur point de vue et que chacun soit écouté.

Face à des divergences d’opinion, il accompagne vers le consensus ou à défaut, vers une décision prise à la majorité.

En cas de problème à résoudre, un coach professionnel utilise l’intelligence collective et les apports de chacun pour fertiliser la collaboration générative. Son expertise permet souvent de faire émerger des solutions co-construites, auxquelles personne n’avait pensé.

Finalement, ce coaching de groupe a l’avantage d’approfondir les relations entre les administrateurs, la cohésion d’équipe et de motiver plus fortement.

* Tiré de « Les déterminants de l’efficacité du conseil d’administration (CA) : une exploration à partir des caractéristiques du Président du CA », Georges Kriyoss Mfouapon, Jules Roger Feudjo, Recherches en Sciences de Gestion 2015/1 (N° 106), pages 25 à 44

Conseil pour Administration

Pour plus d’information, contactez Fabienne Revillard

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